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	<title>Hueyda El Saied &#187; FRANÇAIS</title>
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	<description>Hueyda&#039;s way of thinking</description>
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		<title>Black president</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Dec 2012 00:29:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hueyda El Saied</dc:creator>
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		<description><![CDATA[de Hueyda El Saied Un noir président ! Non, pas Obama, mais Johaquim Barbosa, cet homme au un destin peu commun. Pour payer ses études de droit il a du laver les sols des salles de tribunaux, et aujourd’hui il est devenu Président de la Cour Suprême de Brasilia. Né dans le fin fond du Minas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<!-- Start Shareaholic LikeButtonSetTop Automatic --><!-- End Shareaholic LikeButtonSetTop Automatic --><p>de Hueyda El Saied</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-4716" title="Joaquim Barbosa" src="http://hueyda-el-saied.com/wp-content//Joaquim-Barbosa-e1355272399116.jpg" alt="" width="249" height="302" />Un noir président ! Non, pas Obama, mais Johaquim Barbosa, cet homme au un destin peu commun. Pour payer ses études de droit il a du laver les sols des salles de tribunaux, et aujourd’hui il est devenu Président de la Cour Suprême de Brasilia.</p>
<p>Né dans le fin fond du Minas Gerais, état minier du Brésil, il a grandit dans une fratrie de huit enfants. <em>« Je vient d’une famille pauvre, je me suis battu et j’ai réussi. Mais je sais que d’autres n’ont pas réussi car le système d’enseignement crée des mécanismes puissants d’exclusion des noirs. » </em>dit Barbosa.</p>
<p>Sa ténacité a payé, à 58 ans il est  le premier noir qui dirige la Cour Suprême. Une révolution pour ce pays qui est l’un des plus métissés au monde et où les noirs sont majoritaires mais qui n’en reste pas moins un pays plus touché par le racisme qu’on pourrait le croire. <em>«Le racisme au Brésil est caché, subtil, non avoué dans son expression, masqué et sous-estimé par les médias.» </em>dit-il au journal Le Monde.</p>
<p>En 2003 il fut nommé juge à la Cour suprême par l’ancien président Luiz Inácio Lula da Silva, qui souhaitait une représentation signifiante des noirs au plus hautes fonctions de l’’Etat. Mais cela n’a pas empêché Johaquim Barbosa d’être impartial dans le procès de «mensalao» qui a failli coûté  cher à Lula. C&#8217;est lui qui a fixé les peines pour les 27 accusés jugés coupables de corruption dont la condamnation de José Dirceu, l&#8217;ancien bras droit de Lula, qui a prit 11 ans de prison ferme. Pour la première fois dans l’histoire du pays, un personnage clé du pouvoir était envoyé derrière les barreaux pour une affaire de corruption.</p>
<p>Maintenant il est un juge reconnu, mais qui raconte que ça ne l’a pas empêché d’être pris plus d’une fois pour le voiturier dans des restaurants chics de Rio de Janeiro. Il dit qu’au Brésil les choses se modifient lentement, et moi je pense que si elles changent dans le bon sens c’est grâce à des gens comme Johaquim Barbosa…</p>
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		<title>Pardonner le sang &#8211; La vendetta des montagnes albanaises</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Oct 2012 11:42:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hueyda El Saied</dc:creator>
				<category><![CDATA[EDITORIALS]]></category>
		<category><![CDATA[FRANÇAIS]]></category>

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		<description><![CDATA[de Hueyda El Saied C’est pour honorer l&#8217;invitation de Monsieur Gjin Marku, Président du “Comité de réconciliation nationale” que je me suis rendue à cette conférence sur le phénomène de la “gjakmarrja”. La “gjakmarrja”, qui signifie en albanais, “prendre le sang”, est un équivalent de la vendetta, «en vigueur» dans le Nord de l&#8217;Albanie. En [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<!-- Start Shareaholic LikeButtonSetTop Automatic --><!-- End Shareaholic LikeButtonSetTop Automatic --><p>de <strong>Hueyda El Saied</strong></p>
<p>C’est pour honorer l&#8217;invitation de Monsieur Gjin Marku, Président du “Comité de réconciliation nationale” que je me suis rendue à cette conférence sur le phénomène de la “gjakmarrja”. La “gjakmarrja”, qui signifie en albanais, “prendre le sang”, est un équivalent de la vendetta, «en vigueur» dans le Nord de l&#8217;Albanie. En pénétrant dans la salle, j’eus d&#8217;abord la surprise de constater que la plupart des invités étaient des femmes et je me demandai tout de suite pourquoi, alors que ce phénomène concerne essentiellement des hommes&#8230;</p>
<p>Je compris progressivement que les hommes “concernés” par cette question ne pouvaient sortir de chez eux sans craindre pour leur vie.</p>
<p>A la fois émue et intriguée par ce que j&#8217;appris lors de cette conférence, je demandai au président du comité de bien vouloir m&#8217;inviter à une prochaine table ronde ou, mieux encore, à une “cérémonie de pardon du sang”.</p>
<p>Quelques jours plus tard, Monsieur Marku, originaire de ces régions du Nord de l&#8217;Albanie où les hommes ont la réputation de tenir leur parole, m’invita à une table ronde organisée par l’association “Besa” (Parole donnée) dans la ville de Lezhë, de la région du même nom, située au Nord, sur la côte adriatique. Il y était question de la scolarisation des enfants qui vivent enfermés chez eux avec leurs parents menacés de mort pour des question de vengeance en cascade remontant parfois sur plusieurs générations.</p>
<p>La semaine suivante, Monsieur Marku m&#8217;appela pour me dire qu’une famille avait décidé de “pardonner le sang” de son fils et me demanda si j’étais toujours partante, le lendemain à six heures du matin, pour l&#8217;accompagner à Mnelë dans le district de Mirdita.</p>
<p>Je n&#8217;étais jamais été allé à Mirdita, mais j’avais toujours considéré ce pays comme une terre d&#8217;accueil, peut-être un peu influencée par le nom de cette province qui en albanais signifie “bienvenue”. Mais ce qui m’intrigua le plus était l’histoire ancienne de ce territoire où était né et s&#8217;était développé le “Code coutumier des montagnes” ou “ Kanun de Lekë Dukagjini” comme nous l&#8217;appelons cette coutume ancestrale.</p>
<p>Dans la voiture qui nous conduisit à Mirdita, Monsieur Marku me raconta que le village de Mnelë était voisin du village de Kashnjet, où se tenaient les assemblées régissant les lois des montagnes. C’était précisément à Kashnjet, que Shtjefën Gjeçovi s&#8217;était rendu neuf années consécutives et avait consigné les lois du “Code coutumier de Lekë Dukagjini” sous la forme d&#8217;un manuscrit. Il descendait alors à cheval du village de Gomsiqe, où il exerçait son métier de prêtre, et passait toujours par Mnelë, où nous allions assister à la cérémonie de pardon du sang, seul moyen d&#8217;enrayer le cycle des vengeances.</p>
<p>Après quatre heures de route sinueuse et pratiquement déserte, où la distance entre les rares maisons est d&#8217;au moins deux kilomètres et où nous n&#8217;avions croisé qu&#8217;un berger guidant son troupeau de moutons, nous retrouvâmes un groupe d&#8217;hommes nous attendant au bord d&#8217;un cours d&#8217;eau. Après les salutations d&#8217;usage, ils nous apprirent que nous devions laisser la voiture là et faire le reste du chemin à pied.</p>
<p>Nous avons alors marché pendant près d&#8217;une heure. J&#8217;étais seule au milieu de ces hommes qui allaient pardonner les meurtres de leurs fils et de leur frère, tués sept ans auparavant, pour une sombre histoire de terrain, par l&#8217;un des membres de la famille qui les attendait.</p>
<p>Il faisait beau ce jour-là, bien que la journée d&#8217;hiver fût froide, il semblait que même le soleil avait décidé de faire la paix avec ces falaises ancestrales et escarpées, où régnait une atmosphère particulièrement mystérieuse. On aurait pu croire que d’un moment à l’autre, de la cîme de l&#8217;une de ces montagnes sortirait l&#8217;un des ces “héros inconnus” qui avaient perdu la vie en respectant le “Kanun de Lekë Dukagjini”</p>
<p><img class="size-thumbnail wp-image-4696 alignright" title="IM001974" src="http://hueyda-el-saied.com/wp-content//IM001974-140x160.jpg" alt="" width="140" height="160" />Sur ce long chemin, personne ne disait un mot. Nous n&#8217;entendions que nos pas, qui parfois brisaient une branche morte. Des pas monotones, dans lesquels j’essayais vainement de déchiffrer quelque message qui pourrait m&#8217;aider à comprendre comment se sentait un homme en train d‘aller pardonner celui qui avait pris la vie de son fils ou de son frère. La seule chose qui me parut facile à deviner, c&#8217;était que la plupart de ces hommes ne parcouraient pas ce chemin pour la première fois. Et je me demandai alors : “Qui sait combien de fois ont-ils tenté de venir jusqu&#8217;ici dans l&#8217;intention de faire justice, à défaut de paix, au nom du “Kanun de Lekë Dukagjini ” ?</p>
<p><img class="size-thumbnail wp-image-4695 alignleft" title="IM001973" src="http://hueyda-el-saied.com/wp-content//IM001973-140x160.jpg" alt="" width="140" height="160" />Enfin, les élus de la tribu de la victime, qui se rendaient vers celle de l’assassin, s&#8217;arrêtèrent lorsque l&#8217;un des leurs dit : “Voilà la maison”. Et je distinguai avec peine ladite maison, cachée derrière des arbres.</p>
<p>Instinctivement, les hommes se mirent en file indienne, l&#8217;un derrière l&#8217;autre, selon les exigences coutumières de la hiérarchie familiale, chacun faisant un petit geste ou murmurant quelques mots  comme s’il demandait à Dieu le courage de surmonter cette épreuve. Puis ils franchirent les derniers mètres qui les séparaient du seuil.</p>
<p>A présent je voyais bien la maison. Elle était comme je l&#8217;avais imaginée : une vieille bâtisse de pierre aux volets clos, comme une petite forteresse, semblant renfermer les secrets, les regrets et la douleur qu&#8217;engendrent les crimes de sang.</p>
<p>Et nous nous retrouvâmes tout à coup devant un imposant groupe complètement silencieux qui me coupa le souffle, il y avait une centaine de paires d&#8217;yeux braqués sur nous. Cette foule impavide occupait la cour, le jardin et les sentiers avoisinants, mais nous ne les decouvrîmes qu&#8217;en arrivant juste devant la maison.</p>
<p><img class="alignright size-thumbnail wp-image-4698" title="IM001981" src="http://hueyda-el-saied.com/wp-content//IM001981-140x160.jpg" alt="" width="140" height="160" />L&#8217;accueil des “invités” était principalement assuré par des hommes, et dans un coin de la cour, je vis, un peu à l&#8217;écart, les femmes et les enfants. Les hommes directement impliqués se saluèrent à tour de rôle puis pénétrèrent l&#8217;un après l&#8217;autre dans la maison.</p>
<p>Quand je m&#8217;aperçus qu&#8217;aucune femme ne se joignait à eux, j&#8217;hésitai à les suivre, mais ma curiosité prit le dessus, et priant pour devenir soudain invisible, je rejoignis les hommes.<br />
Ils s&#8217;étaient réunis dans une vaste pièce qui n&#8217;était meublée que par un timide rayon de soleil traversant l&#8217;une des deux fenêtres et quelques vieilles couvertures en guise de tapis sur lesquels les hommes étaient déjà assis les jambes croisées en tailleur.</p>
<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-4699" title="IM001982" src="http://hueyda-el-saied.com/wp-content//IM001982-140x160.jpg" alt="" width="140" height="160" />Le silence régnait de nouveau et les regards étaient tournés vers les quatre coins de la pièce et sur le sol glacé. Au bout de quelques longues minutes, Frrok Lekani, le maître de maison, entra en jetant un regard doux sur le plus âgé des visiteurs. Il lui offrit une cigarette et lui demanda : “Es-tu fatigué et affligé ?”</p>
<p>Je compris que, bien qu&#8217;ils soient tombés d’accord pour se réconcilier depuis plusieurs semaines et choisi ce jour pour le cérémonial du pardon, le chef de famille, qui était le frère de l&#8217;assassin, ne pouvait pas envisager de se comporter plus directement et considérer la réconciliation comme acquise, sans la déclaration solennelle du chef de la famille de la victime. Par sa question, il respectait la logique du processus de pardon et permettait le déroulement du cours naturel de la cérémonie.</p>
<p>Cette question, de même que la cigarette, Frrok Lekani l&#8217;offrit à chacun de ses visiteurs, et chacun d&#8217;entre eux lui répondit pareillement : “Un peu. Que ton honneur grandisse !”</p>
<p>Après ce dialogue rituel inaugural, le chef de la famille des invités pris la parole et dit : “Bien trouvé Frrok Lekani ! Je suis venu avec ces hommes qui sont à mes côtés et qui sont envoyés par la tribu de Huba. Notre tribu compte actuellement soixante-dix hommes armés. Je suis venu obéissant à leur volonté, la volonté de chaque homme vieux et jeune de notre tribu, pour te dire : “Pardonné soit le sang”. Les hommes de la tribu m’ont mandaté pour vous dire que notre courage s’exprime avec le pardon du sang et la main de la réconciliation, vous dire qu’entre nous il n&#8217;y aura plus jamais de meurtre, seulement  de la fraternité.”</p>
<p>Dès qu&#8217;il eut fini, la chambre s’empli des voix de tous les autres qui dirent en choeur  : “Des paroles de maître, que tu sois couvert pour toujours d’honneur.”</p>
<p><img class="size-thumbnail wp-image-4700 alignright" title="IM001993" src="http://hueyda-el-saied.com/wp-content//IM001993-140x160.jpg" alt="" width="140" height="160" />Après cet échange de paroles solennelles, l&#8217;atmosphère se détendit un peu et l&#8217;un des hommes de la famille des hôtes se leva et quitta la pièce. Il revint un instant après apportant un plateau recouvert de tasses de café et de verres de raki (eau-de-vie). Les verres se levèrent. On fêtait la réconciliation, le même homme se chargeant des allers et retours pour remplir les verres. Aucune femme ne semblait avoir le courage ne serait-ce que de s&#8217;approcher de la porte pour s&#8217;occuper des verres&#8230;</p>
<p>Au bout d&#8217;une heure passée dans cette pièce, je me détendis un peu à mon tour et commençai à réaliser le privilège que j&#8217;avais d&#8217;être la seule femme ayant assisté directement à la cérémonie. Peut-être cela a-t-il contribué à me faire partager la joie un peu rude de ces hommes qui faisaient la paix. Malgré cela, je ne cessai de me demander lequel d&#8217;entre eux avait fait couler le sang. L&#8217;assassin était-il parmi ces hommes qui buvaient à leur fraternité retrouvée ? Je finis par me dire que cette réconciliation servait justement à remettre tous ces hommes sur le même plan et que la question  de savoir “qui” n&#8217;avait plus d&#8217;importance.</p>
<p>J&#8217;appris plus tard que le meurtrier pardonné se trouvait alors, depuis sept ans, loin de chez lui, caché quelque part dans les montagnes.</p>
<p><img class="size-thumbnail wp-image-4703 alignleft" title="grate" src="http://hueyda-el-saied.com/wp-content//grate-140x160.jpg" alt="" width="140" height="160" />Je sortis enfin de cette pièce et de la maison, laissant les hommes s&#8217;enivrer de confiance retrouvée, et constatai que les femmes n&#8217;avaient pas bougé de leur coin dans la cour. Je me mis à les observer, elles étaient vêtues des habits caractéristiques de leur province. J’avais du mal à deviner leur âge, peut-être parce que leurs traits, leurs regards et leurs rides ressemblaient au paysage aride dans lequel elles vivaient.</p>
<p>Elles se turent à mon approche et se mirent à me dévisager à leur tour. Cela me rappela que je n&#8217;étais pas invisible et que j&#8217;étais aussi pour elles une parfaite étrangère qui suscitait la curiosité.</p>
<p>Je fis le premier pas et m&#8217;approchai en leur demandant :</p>
<p>—   Ça va ? Pas trop fatiguées ?</p>
<p>—   Un peu. &#8211; me répondit l&#8217;une d&#8217;entre elles.</p>
<p>Elle était la fille aînée de Frrok Lekani. La glace était rompue. Je leur expliquai ce que je faisais là.</p>
<p>Toute à mon désir de bavarder après les heures d&#8217;attente et de tension que je venais de traverser, je leur demandai, sans trop réfléchir, si elles avaient, comme nous à Tirana, des problèmes de lumière.</p>
<p>“Non, nous n&#8217;avons aucun problème avec la lumière” -  me répondirent-elles unanimement.</p>
<p>Je crus qu&#8217;elles plaisantaient ou qu&#8217;elles se moquaient de moi, je fis comme si je n&#8217;avais pas bien compris et insistai :</p>
<p>— Comment ça vous n’avez pas de problèmes ? Dans la capitale, il ne se passe pas un jour sans que nous ayons des coupures… à moins que vous ne vous alimentiez au Kosovo, pensai-je finalement à voix haute.</p>
<p>— Pas du tout, répondit l’une des femmes, qui ajouta ensuite &#8211; regarde comment le soleil chauffe  aujourd&#8217;hui !</p>
<p>Et je compris enfin que nous n&#8217;étions pas en train de parler de la même chose. Elles parlaient de la lumière du soleil, moi de l&#8217;électricité, qu’elles ne connaissaient pas. Car bien que nous soyons au XXIème siècle, ce peuple des montagnes s’éclairait encore à la bougie et se chauffait auprès   de l&#8217;unique cheminée où brûlait le bois ramassé aux alentours.</p>
<p>Je me dis soudain que dans cet endroit, le temps semblait s&#8217;être arrêté au siècle dernier. Ces gens puisaient l&#8217;eau au puits, se chauffaient au bois et vivaient au rythme du soleil. Une vie simple, à des années-lumière de la société d&#8217;abondance et du progrès technique.</p>
<p>Toutefois, ce que je trouvais en abondance dans cette frugalité matérielle, c&#8217;était l&#8217;hospitalité ainsi qu&#8217;un authentique désir de communiquer et de faire connaissance. Le seul problème était que les mots ne voulaient pas toujours dire la même chose pour elles et pour moi.</p>
<p>Pour cacher mon étonnement, d&#8217;un geste instinctif de citadine stressée, je sortis de ma poche mon téléphone portable, mais évidemment il n&#8217;y avait pas de réseau… Et je sentis tout à coup que la sérénité des montagnes qui m&#8217;avait progressivement enveloppée, était en train de se transformer en anxiété. Je commençai à me sentir perdue, loin de tout. “Et si notre voiture ne démarrait plus ?” me demandais-je.</p>
<p>Nous serions tous alors logés à la même enseigne, coupés de tout. Mais ce qui me pesait le plus était que même si nous avions la même nationalité et parlions la même langue, nous n&#8217;avions aucune possibilité de communiquer réellement. Nous ne pouvions parler ensemble des choses les plus “élémentaires”, comme le dernier épisode de ma série télé préférée ou mes problèmes quotidiens de trafic automobile, qui dans la réalité où je me trouvais à ce moment, étaient bien sûr insignifiants.</p>
<p>Et je ressentis soudain combien j&#8217;aimais ma vie à Tirana, cette vie dont je me plaignais si souvent et qui me faisait aussi souffrir. Cette vie qui me laissait parfois fébrile d&#8217;insatisfaction et de colère me manquait soudain terriblement.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Ma vie est belle, intéressante, passionnante !” &#8211; avais-je envie de crier.</p>
<p>Mais l&#8217;une des filles interrompit mes pensées désordonnées en me proposant gentiment un café.</p>
<p>— Non merci. -  répondis-je un peu trop vite, je ne bois pas de café.</p>
<p>— Veux-tu un verre d&#8217;eau alors ?</p>
<p>— Non plus, merci beaucoup &#8211; dis-je en commençant à regretter ma brusquerie.</p>
<p><img class="size-thumbnail wp-image-4708 alignleft" title="Femijet" src="http://hueyda-el-saied.com/wp-content//Femijet-140x160.jpg" alt="" width="140" height="160" />Je vis que je les avais mises dans l&#8217;embarras, car elles n’avaient rien d’autre à m&#8217;offrir. Pour ne pas rester sur ce léger malaise, je me tournai alors vers les enfants et leur posai des questions sur leur école.</p>
<p>Ils me racontèrent que l&#8217;école se trouvait à une heure et demie de marche et que, lorsque la neige bloquait les chemins, ils devaient rester chez eux. L&#8217;un d&#8217;eux me dit qu&#8217;il voulait devenir instituteur et créer une école plus proche de leur hameau. Je lui souhaitai de réaliser son rêve, même si je craignais que ce fût bien difficile.</p>
<p>Les voix des hommes qui sortaient de la maison interrompirent notre conversation. Le moment de la cérémonie religieuse était arrivé. Ils avaient invité un prêtre qui était italien, mais parlait albanais. Le rituel consistait en la bénédiction de la réconciliation suivie d&#8217;une poignée de mains des chefs des deux familles. Chaque famille faisait ensuite don d&#8217;une substantielle somme d&#8217;argent à l&#8217;église : vivre en paix n&#8217;a pas de prix et ces montagnards respectueux de leur tradition ancestrale me le rappelaient de façon évidente.</p>
<p><img class="alignright size-thumbnail wp-image-4701" title="IM002014" src="http://hueyda-el-saied.com/wp-content//IM002014-140x160.jpg" alt="" width="140" height="160" />Les visages des hommes, avec lesquels j’avais voyagé toute la matinée, avaient changé. Ils semblaient plus sereins, plus détendus, et ce n&#8217;était pas seulement l&#8217;effet du raki…</p>
<p>Et pour la première fois depuis notre arrivée je vis un sourire briller dans les yeux des certaines des femmes. Le sang était pardonné. La vie pouvait enfin reprendre son cours normal. Les membres des deux familles pouvaient à présent se déplacer de village en village, sans craindre de se retrouver victimes d&#8217;un crime de sang.</p>
<p>— Viens, nous allons déjeuner maintenant, me dit la femme la plus âgée du groupe.</p>
<p>D&#8217;une petite voix gênée, je lui répondis que je n’avais pas faim et que je devais rentrer chez moi.</p>
<p>De retour vers Tirana je me dis que nous parlions souvent de la pauvreté en Afrique, mais qu&#8217;au beau milieu de l&#8217;Europe un nombre considérable de familles sont les “oubliés du XXIème siècle”. Ils vivent dans l&#8217;obscurité, et cela non seulement par manque d&#8217;infrastructures matérielles, mais parce qu&#8217;ils perpétuent des traditions moyenâgeuses censées les protéger. Dans ces régions du Nord de l&#8217;Albanie, ces traditions sont symbolisées par le “Kanun de Lekë Dukagjini”, droit coutumier vieux de plusieurs centaines d&#8217;années et dont l&#8217;autorité ne s&#8217;exerce pas seulement sur les pauvres montagnards isolés, mais s&#8217;étend parfois jusqu&#8217;aux métropoles soit-disant plus civilisées — mais cela ferait l&#8217;objet d&#8217;un autre article…</p>
<div class="shr-publisher-4694"></div><!-- Start Shareaholic LikeButtonSetBottom Automatic --><div style="clear: both; min-height: 1px; height: 3px; width: 100%;"></div><div class='shareaholic-like-buttonset' style='float:none;height:30px;'><a class='shareaholic-fblike' data-shr_layout='button_count' data-shr_showfaces='false' data-shr_href='http%3A%2F%2Fhueyda-el-saied.com%2F2012%2F10%2Fpardonner-le-sang-la-vendetta-des-montagnes-albanaises%2F' data-shr_title='Pardonner+le+sang+-+La+vendetta+des+montagnes+albanaises'></a><a class='shareaholic-fbsend' data-shr_href='http%3A%2F%2Fhueyda-el-saied.com%2F2012%2F10%2Fpardonner-le-sang-la-vendetta-des-montagnes-albanaises%2F'></a><a class='shareaholic-googleplusone' data-shr_size='medium' data-shr_count='true' data-shr_href='http%3A%2F%2Fhueyda-el-saied.com%2F2012%2F10%2Fpardonner-le-sang-la-vendetta-des-montagnes-albanaises%2F' data-shr_title='Pardonner+le+sang+-+La+vendetta+des+montagnes+albanaises'></a><a class='shareaholic-tweetbutton' data-shr_count='horizontal' data-shr_href='http%3A%2F%2Fhueyda-el-saied.com%2F2012%2F10%2Fpardonner-le-sang-la-vendetta-des-montagnes-albanaises%2F' data-shr_title='Pardonner+le+sang+-+La+vendetta+des+montagnes+albanaises'></a></div><div style="clear: both; min-height: 1px; height: 3px; width: 100%;"></div><!-- End Shareaholic LikeButtonSetBottom Automatic -->]]></content:encoded>
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		<title>Différents en Albanie</title>
		<link>http://hueyda-el-saied.com/2012/05/differents-en-albanie/</link>
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		<pubDate>Fri, 18 May 2012 00:38:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hueyda El Saied</dc:creator>
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		<category><![CDATA[FRANÇAIS]]></category>

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		<description><![CDATA[Pendant la période du communisme en Albanie, notre destin était écrit dès que nous avions vu le jour et gare à celui qui oserait sortir du cadre prescrit par « le Parti » ! Par la suite, les rites et les règles étaient respectés à la lettre. Aujourd’hui, 18 ans après la chute du Communisme même si la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<!-- Start Shareaholic LikeButtonSetTop Automatic --><!-- End Shareaholic LikeButtonSetTop Automatic --><p>Pendant la période du communisme en Albanie, notre destin était écrit dès que nous avions vu le jour et gare à celui qui oserait sortir du cadre prescrit par « le Parti » ! Par la suite, les rites et les règles étaient respectés à la lettre.</p>
<p>Aujourd’hui, 18 ans après la chute du Communisme même si la loi de la jungle règne, en Albanie comme dans les pays occidentaux, et nous pousse à vouloir être le meilleur, unique, donc différent, et finalement à être imité par les autres, plutôt que de les imiter…</p>
<p>Mais que signifie être unique, différent, en Albanie aujourd’hui et au XXIème siècle en général ?</p>
<p>Au milieu de la foule « standardisée »  de l’Albanie communiste, la couleur de ma peau, les traits de mon visage et l’histoire de ma famille m’ont toujours fait sentir différente. Mais étrangement, cela ne m’a pas évité d’être surprise ou d’avoir peur devant quelqu’un de différent, que ce soit par son physique, sa mentalité, ses sentiments ou ses choix.</p>
<p>Au début j’ai jugeait, puis j’ai appris par ces rencontres à apprécier la différence, et je me suis dit : « Imagine comme se serait ennuyeux si nous étions tous pareils. Si nous pensions la même chose, aimions les mêmes personnes, nous habillions de façon identique et nous comportions de la même manière. »</p>
<p>Je suis consciente que si nos désirs, nos choix et la façon de les exprimer, nous rendent « spéciaux », ils peuvent aussi heurter les autres.</p>
<p>Je pense ici, par exemple, à mes proches albanais de plus de cinquante ans, qui pendant la période du Communisme étaient jeunes, et qui sont maintenant devenus des parents.</p>
<p>Aujourd’hui, ils se retrouvent face à notre liberté de choisir, liberté, qu’ils n’ont jamais eue… Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que l’inconnu, le nouveau, le différent puisse les effrayer.</p>
<p>Ils ont de une certaine expérience et peuvent nous prouver combien il est important de faire partir d’un groupe, derespecter ses règles et d’être dans les normes. C’était pour eux la seule manière de se sentir fort, ne pas être jugé, et d’être respecté.</p>
<p>Mais en même temps, nous sommes au XXI siècle et nous devons nous adapter à l’air du temps, et même si tout n’était pas mauvais dans notre passé communiste, on ne peut pas avoir comme exemple des modèles du début du XX éme siècle.</p>
<p>Il y a quelque temps, j’ai lu une expression d’un philosophe qui disait : « Quand tu commences à pense comme les autres, prends une pause et réfléchis. »</p>
<p>Je ne vais pas continuer à écrire, car la deuxième partie de cet article, j’ai envie de l’écrire avec vous. Prenons une pause ensemble et essayons de nous raconter les uns aux autres les fois où l’on s’est senti diffèrents par nos pensées, par ce que nous sommes, par nos choix ou par nos actes.</p>
<p>Après avoir recueilli vos récits, je les regrouperai pour que d’autres puissent dire : « C’est le plus bel article qu’on ait jamais lu sur la différence. »</p>
<div class="shr-publisher-2054"></div><!-- Start Shareaholic LikeButtonSetBottom Automatic --><div style="clear: both; min-height: 1px; height: 3px; width: 100%;"></div><div class='shareaholic-like-buttonset' style='float:none;height:30px;'><a class='shareaholic-fblike' data-shr_layout='button_count' data-shr_showfaces='false' data-shr_href='http%3A%2F%2Fhueyda-el-saied.com%2F2012%2F05%2Fdifferents-en-albanie%2F' data-shr_title='Diff%C3%A9rents+en+Albanie'></a><a class='shareaholic-fbsend' data-shr_href='http%3A%2F%2Fhueyda-el-saied.com%2F2012%2F05%2Fdifferents-en-albanie%2F'></a><a class='shareaholic-googleplusone' data-shr_size='medium' data-shr_count='true' data-shr_href='http%3A%2F%2Fhueyda-el-saied.com%2F2012%2F05%2Fdifferents-en-albanie%2F' data-shr_title='Diff%C3%A9rents+en+Albanie'></a><a class='shareaholic-tweetbutton' data-shr_count='horizontal' data-shr_href='http%3A%2F%2Fhueyda-el-saied.com%2F2012%2F05%2Fdifferents-en-albanie%2F' data-shr_title='Diff%C3%A9rents+en+Albanie'></a></div><div style="clear: both; min-height: 1px; height: 3px; width: 100%;"></div><!-- End Shareaholic LikeButtonSetBottom Automatic -->]]></content:encoded>
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		<title>Kam mall të luaj në rrugë me “Peta” dhe të pi “Vapik”</title>
		<link>http://hueyda-el-saied.com/2012/04/my-articles/</link>
		<comments>http://hueyda-el-saied.com/2012/04/my-articles/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 18 Apr 2012 09:26:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hueyda El Saied</dc:creator>
				<category><![CDATA[EDITORIALS]]></category>
		<category><![CDATA[FRANÇAIS]]></category>
		<category><![CDATA[SHQIP - ALBANIAN]]></category>

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		<description><![CDATA[Para tre javësh, tek po udhëtoja nga Parisi në Budapest, nisa të vështroja dy fëmijë çapkën, të cilët po i shisnin mend njëri-tjetrit se kush kishte më shumë lojëra në kompjuter dhe çfarë niveli kishin arritur në to. Gjuha që ata përdornin ishte e sofistikuar dhe teknike, por njëkohësisht nuk kishte asnjë lidhje me zërin e [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<!-- Start Shareaholic LikeButtonSetTop Automatic --><!-- End Shareaholic LikeButtonSetTop Automatic --><p>Para tre javësh, tek po udhëtoja nga Parisi në Budapest, nisa të vështroja dy fëmijë çapkën, të cilët po i shisnin mend njëri-tjetrit se kush kishte më shumë lojëra në kompjuter dhe çfarë niveli kishin arritur në to. Gjuha që ata përdornin ishte e sofistikuar dhe teknike, por njëkohësisht nuk kishte asnjë lidhje me zërin e tyre fëminor. Tek mundohesha t’i kuptoja, thashë me vete: “Ata mund të ndihen konkurrentë për momentin, por dhe nëse jeta i bën të shihen përsëri bashkë, vetëm atëherë kur t’i kenë flokët e bardha, ata do të kenë çfarë të diskutojnë përsëri”.</p>
<p><span style="font-weight: normal;">Këtu e kisha fjalën për dy individë të cilët përveç se flasin të njëjtën gjuhë, në fëmijëri kanë luajtur të njëjtat lojëra, kanë parë të njëjtët filma, kanë provuar të njëjtat ëmbëlsira etj.</span></p>
<p><span style="font-weight: normal;">Pikërisht në ato momente mu kujtua ajo pjesë e parehatshme, e cila bën që Franca të mbetet gjithnjë vendi im adoptiv, e, dhe pse ajo me jep mundësinë të jetoj e lirë me plot kuptimin e fjalës, ka diçka që do të më bëjë të ndihem gjithnjë e huaj në këtë vend. Kjo, nuk ka aspak lidhje me nivelin e integrimit tim në Francë. Kjo, ka një lidhje direkt me faktin se, nuk mjafton të kesh një pasaportë evropiane apo amerikane për t’u ndjerë pjesë e atij vendi. Ka diçka më të hershme e cila nuk ta jep ty këtë.</span></p>
<p>Balta, rrëmuja dhe mentaliteti i Shqipërisë çdo ditë e kufizojnë dhe cënojnë lirinë time, por njëkohësisht Shqipëria më jep atë ngrohtësi, miqësi, dhe nostalgji që ta jep vetëm vendi yt.</p>
<p><span style="font-weight: normal;">Kam më shumë se 11 vjet që bëj një jetë të dyfishtë, dhe këto dy jetë të miat nuk mund të krahasohen dhe konkurrojnë njëra-tjetrën, por unë kam nevojë për të dyja ato. Them kështu, sepse i vetmi moment kur unë ndihem larg miqve të mi francezë, është kur ata harrojnë se ku kam lindur dhe jam rritur, ndaj më pyesin “Hueyda, të kujtohet Casimir-i?”</span></p>
<p><span style="font-weight: normal;">Në fakt, këto janë momentet e vetme kur unë nuk mund të marr pjesë në bisedat e tyre. Ata, duke u kujtuar që unë nuk kam lindur aty dhe duke qenë kuriozë më pyesin: “Po ju në Shqipëri me çfarë luanit? Kush ka qenë “Casimir-i” shqiptar? Çfarë ëmbëlsire të pëlqente të haje kur ishe fëmijë?”Këtu nis udhëtimi im i gjatë, ku akrepat e orës shkojnë mbrapsht.<br />
E sigurt që ata nuk do t’i kuptojnë, përpiqem të minimizoj lojërat tona të paimagjinueshme për ata. Vendin me disa gurë të vegjël, të cilët ne i gjenim kudo në rrugë, tashmë e zënë disa gurë të bukur me ngjyra. Pozicionoj dorën e majtë dhe nis t’i tregoj atyre sesi ne luanim “Guraçokthi”, më pas i tregoj për lojën me “Peta”, me “Pinca”, “Botash”, “Topa djegësi”, “Topa rrasash”, “Kaladibrançe” e plot të tjera te cilat i lënë miqtë e mi gojëhapur.<a href="http://hueyda-el-saied.com/wp-content//Unknown-2.jpeg"><br />
</a>Në ato momente një nostalgji e madhe më përfshin, por vështrimi i miqve të mi, më jep të kuptojse ata duan të dinë më shumë për këtë fëmijëri kaq të veçantë që kam jetuar. Mbas lojërave, mendja me shkon tek pasditet me “Casimir-ët” shqiptarë, Çufo dhe Bubi Kaçurrel, apo edhe heronjtë e “Kalamajtë e pallatit tim”.</span></p>
<p>“Po, për të ngrënë ç’ëmbëlsira pëlqeje?”.</p>
<p style="text-align: left;"><span style="font-weight: normal;">Si mund të harroj “Pastat dhjetëshe”, “Toronat”, “Karamelet “Zana”,</span>“Rrush dhe hurma frigoriferi” apo “Akullore e dimrit”.</p>
<p style="text-align: left;"><span style="font-weight: normal;"> “Po akullore vere kishit?”, pyesin ata duke buzëqeshur.<br />
Ç’ pyetje është kjo? Ne kishim më të mirin, më të famshmin e Tiranës, Gegën dhe karrocën e tij, </span>madje unë kam ende në mendje zërin e tij të lartë, i cili na ftonte duke thënë : “Aaaa&#8230;kullore!”</p>
<p style="text-align: left;"><span style="font-weight: normal;">Ah, sa do të doja të haja një “Paste njëzetëshe” tani, aq më tepër që e meritoj, pasi sot lashë gojëhapur miqtë e mi francezë, por po i jap të pijnë pak “Vapik” që të mbledhin veten!!!</span></p>
<div class="shr-publisher-349"></div><!-- Start Shareaholic LikeButtonSetBottom Automatic --><div style="clear: both; min-height: 1px; height: 3px; width: 100%;"></div><div class='shareaholic-like-buttonset' style='float:none;height:30px;'><a class='shareaholic-fblike' data-shr_layout='button_count' data-shr_showfaces='false' data-shr_href='http%3A%2F%2Fhueyda-el-saied.com%2F2012%2F04%2Fmy-articles%2F' data-shr_title='Kam+mall+t%C3%AB+luaj+n%C3%AB+rrug%C3%AB+me+%E2%80%9CPeta%E2%80%9D+dhe+t%C3%AB+pi+%E2%80%9CVapik%E2%80%9D'></a><a class='shareaholic-fbsend' data-shr_href='http%3A%2F%2Fhueyda-el-saied.com%2F2012%2F04%2Fmy-articles%2F'></a><a class='shareaholic-googleplusone' data-shr_size='medium' data-shr_count='true' data-shr_href='http%3A%2F%2Fhueyda-el-saied.com%2F2012%2F04%2Fmy-articles%2F' data-shr_title='Kam+mall+t%C3%AB+luaj+n%C3%AB+rrug%C3%AB+me+%E2%80%9CPeta%E2%80%9D+dhe+t%C3%AB+pi+%E2%80%9CVapik%E2%80%9D'></a><a class='shareaholic-tweetbutton' data-shr_count='horizontal' data-shr_href='http%3A%2F%2Fhueyda-el-saied.com%2F2012%2F04%2Fmy-articles%2F' data-shr_title='Kam+mall+t%C3%AB+luaj+n%C3%AB+rrug%C3%AB+me+%E2%80%9CPeta%E2%80%9D+dhe+t%C3%AB+pi+%E2%80%9CVapik%E2%80%9D'></a></div><div style="clear: both; min-height: 1px; height: 3px; width: 100%;"></div><!-- End Shareaholic LikeButtonSetBottom Automatic -->]]></content:encoded>
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		<title>Të ndalosh apo të ngadalësosh kohën</title>
		<link>http://hueyda-el-saied.com/2011/01/te-ndalosh-apo-te-ngadalesosh-kohen/</link>
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		<pubDate>Thu, 27 Jan 2011 23:26:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hueyda El Saied</dc:creator>
				<category><![CDATA[EDITORIALS]]></category>
		<category><![CDATA[FRANÇAIS]]></category>
		<category><![CDATA[SHQIP - ALBANIAN]]></category>

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		<description><![CDATA[Të plakesh, nuk shqetëson më shumë e 50% të femrave shqiptare. A janë ato shumë optimiste, apo pak gënjeshtare ? Më thoni cila nga ne para pasqyrës nuk ka ëndërruar të rregulloj shenjat e kohës apo ato difekte që natyra nuk ka denjuar të marrë parasysh? Por kjo përgjigje është mëse normale, pasi dhe mua më ka [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<!-- Start Shareaholic LikeButtonSetTop Automatic --><!-- End Shareaholic LikeButtonSetTop Automatic --><p>Të plakesh, nuk shqetëson më shumë e 50% të femrave shqiptare. A janë ato shumë optimiste, apo pak gënjeshtare ?</p>
<p class="MsoBodyText"><span>Më thoni cila nga ne para pasqyrës nuk ka ëndërruar të rregulloj shenjat e kohës apo ato difekte që natyra nuk ka denjuar të marrë parasysh?</span></p>
<p class="MsoBodyText"><span>Por kjo përgjigje është mëse normale, pasi dhe mua m</span><span>ë ka rastisur, që në biseda të ndryshme në lidhje me operacionet plastike, teksa i vinte rradha, pyetjeve të tipit: &laquo;&nbsp;</span>Ç’nuk të pëlqen, te vetja ?&nbsp;&raquo; ose &laquo;&nbsp;Ç’do të doje, të ndryshoje të fiziku yt? &nbsp;&raquo; dhe pse lista e atyre që nuk pëlqejnë, është e gjatë, kam pasur tendencë, të ndikohem nga njerëzit që më bënin këtë pyetje. Them kështu, pasi nëse pyetja, vinte nga një mik apo mikeshë nuk hezitoja, t’ja shpalosja listën, por nëse pyetja bëhej nga një femër, e cila ndihej që ishte në konkurrencë, me mua, kisha tendencë të them, një pjesë të trupit, me të cilën mund të mburresha nga pak.</p>
<p class="MsoBodyText"><span>Njëkohësisht, më kujtohet, në një intervistë që kam dhënë para disa kohësh, në një gazetë, m’u desh ti përgjigjesha sinqerisht një pyetjeje të tillë, të nesërmen, shumë persona me thanë « Ah s’të pëlqejnë … ? ». Që nga ky moment, kam vendosur të hesht, kjo është dhe arsyeja, që i kuptoj mirë femrat « optimiste », apo ato që thonë gënjeshtra të ëmbela, ato llojë gënjeshtrash, në fund të fundit nuk dëmtojnë askënd.</span></p>
<p class="MsoBodyText"><span>Të heqësh, rrudhat e ballit, të hollosh kofshët, ti japësh paksa, më shumë volum gjoksit …, them që është një<span>  </span>ëndërr, e shumë femrave, të cilat para së gjithash, duan ti pëlqejnë vetes së tyre e të ndihen mirë.</span></p>
<p class="MsoBodyText"><span>Të kritikuara, nga disa, të xhelozuara, nga disa të tjera, këto amazona, të sallave të operacionit, gjenden në mes të një polemike :</span></p>
<p class="MsoBodyText"><span>A janë etike, operacionet plastike?<br />
A nuk është më mirë, të kultivojmë bukurinë tonë të brendëshme, sesa të kemi një gjoks pesa ?<br />
</span></p>
<p class="MsoBodyText"><span>Afishimi i rrudhave të paprekura, a nuk është një akt rezistence, që gratë,<br />
mund ti bëjnë, këtyre &nbsp;&raquo;modeleve&nbsp;&raquo; që na ofrohen :<span>  </span>Të reja – Të holla – Seksi ?</span></p>
<p class="MsoBodyText"><span>Ja disa pyetje, të paevitueshme, pasi kërkimi i bukurisë së përjetëshme, nuk justifikon asnjë marrje rrisku.</span></p>
<p class="MsoBodyText"><span>A ka ndonjë rrugë, të mesme ?<span> </span></span></p>
<p class="MsoBodyText"><span>Por ju lutem, larg silikoneve apo lifting, larg këtij brezi, të cilët nuk kanë frikë, nga bisturitë, dhe që duan, një rini të përjetëshme.</span></p>
<p class="MsoBodyText"><span>Teksa bisedoja, me një grup femrash, njëra prej tyre u shpreh, se janë meshkujt që na detyrojnë, të bëhemi trime përpara bisturive. Pasi kishte ikur koha, kur burrat mund ti mbaje të « lidhur », vetëm duke i gatuar mirë, apo duke i bërë,<span>  </span>baballarë. Ndërsa e dëgjova të shprehej kështu, thash me vete, « E shkreta unë,<span>  </span>e paskam punën keq ! Ndonje amvise e mirë nuk jam, e aq më tepër,<span>  </span>fëmijë për momentin nuk dua. </span><span>» Por një tjetër, u hodh, dhe tha, që mënyra më efikase, është shtrati. Një e tretë, tregoj sa i kishte kushtuar, operacioni i gjoksit,<span>  </span>pagesën e të cilës e kishte « sponsorizuar », i dashuri i saj, një burrë i martuar.</span></p>
<p class="MsoBodyText"><span>Aty, mu kujtua një bisedë që pata, pak kohë më parë me një mikun e tim francez, i cili më thoshte, që një ndër gjërat më të tmerrshme, që s’donte të jetonte ishte :<span>  </span>Të shkonte në një diskotekë apo pub, të njihej me një vajzë, të cilën pas disa gotash e ftonte në shtëpinë e tij. Teksa ai i kërkonte, ta shoqëronte në shtrat, niste ta vështronte me epsh, ndërsa ajo zhvishej. Vajza niste, të hiqte paruken, lentet me ngjyre, reçipetat « wonderbra », këpucët me taka, e ndërsa kishte vetëm mbathjet, shkonte në tualet për të hequr …… grimin, sigurisht, por në të njëjtën kohë, i kërkonte atij, një gotë, për të vënë protezën e dhëmbëve. Ah, i shkreti, kishte të drejtë !!!</span></p>
<p class="MsoBodyText"><span>Në mes të këtij grupi, femrash miks, të cilat vinin nga shtresa të ndryshme shoqërore, ç’do gjë, bëhej më<a href="http://hueyda-el-saied.com/2012/04/my-articles/la_chirurgie_esthetique_en_suisse_article2/" rel="attachment wp-att-446"><br />
</a> shumë se kurrë, konfuze për mua, « bisturi, gatim, fëmijë, seks, para », një seri, gjërash të cilat, me sa dukej bënin të rrotullohej bota, më « shpejt »,  megjithatë, disa pyetje, më erdhën në mendje « Po mirë, po këto burra, që i shoh të drekojnë, apo darkojnë nëpër restorante, nën shoqerinë, e këtyre vajzave të reja, të cilat s’kanë fëmi, që dijnë vetëm të grimosen, e që kur dëgjojnë fjalën « krem », mendja i shkon direkt,<span>  </span>te « kremi i rrudhave » e jo te « kremi fresh i gatimit »,<span>  </span>si ndjehen teksa prekin një gjoks të fryrë, me silikon, apo kur puthin, një buzë të fryrë me kolazhen? Si dhe, kaq budallenj, janë këta burra, që përveç se, komplikojnë jetën e tyre, duke tradhëtuar gratë, janë dhe të gatëshëm, të harxhojnë mijëra euro, për të riparuar difektet fizike, të të dashurave të tyre, të cilat një ditë te bukur, do ti lënë ata, për një tjetër më të &laquo;&nbsp;mirë&nbsp;&raquo; ?<span> </span></span></p>
<p class="MsoBodyText"><span>Por në mes të këtij realiteti marramendës, egziston gjithashtu, dhe një lajtmotiv tjetër, « Doktor, s’duhet të duket ! ». Një paradoks ky, me shumë sharmë, në të cilin natyralja, vazhdon të mbetet, mbretëresha e bukurisë. Por këtu flasim, për ato femra të cilat, nuk duan, të ndalojnë kohën, por ato të cilat, duan vetëm, ta ngadalësojnë atë, dhe kjo, nuk ka si të mos jetë tentuese. Aq më tepër, kur mësojmë që, dhe një nga femrat, më të bukura në botë, Marilin Monro, kishte korigjuar disa tipare, përmes operacioneve plastike.<span><br />
Pak, vetëm pak, sa për të qënë, nën imazhin e atyre femrave, që ne pëlqejmë apo admirojmë, e pse jo, për të qënë në harmoni me veten.<br />
Fenomeni, i operacioneve plastike &#8211; estetike progreson, në të njëjtën mënyrë që progresojnë, teknikat e operacioneve të tyre. Një dëshirë transformimi, i cili me sa duket, nuk do të ndalojë sot, por për kundrazi, për të vetmin fakt që, janë vajzat nga 20 – 30 vjeç që tregojnë se janë, më shumë të ndjeshme, për të ruajtur, rininë e tyre.</span></span></p>
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